Mieux connaître l'endométriose

Posté le : mars 27, 2017

Catégories : Sante , Cycle Menstruel

Le mois de mars est celui de l’endométriose. Celui où les femmes atteintes et les associations se lèvent pour prendre la parole et agir.

Parce qu’elle concerne des millions de femmes dans le monde et que beaucoup (trop) d’entre elles ne sont toujours pas diagnostiquées, vivant dans la douleur et la honte de ne pas pouvoir assumer leurs propres règles. PliM souhaite apporter sa pierre à l’édifice pour faire connaître et reconnaître l’endométriose.

Qu’est ce que l’endométriose ?

Quelles sont les conséquences ?

Comment attrape-t-on l’endométriose ? D’où vient-elle ?

Comment savoir si je suis atteinte ?

Les traitements

Les ambassadrices et célébrités atteintes

 

 

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie répandue, chronique et invalidante. Elle touche 1 femme sur 10. Source : inserm

Si vous connaissez 10 femmes, vous connaissez l'endométriose

Source : Endometriosis Australia

 

Compliquée à comprendre, elle prend plusieurs formes et les symptômes ne sont pas forcément les mêmes. On pourrait dire qu’il existe autant d’endométrioses que de patientes. .

Il existe tout de même une constante :

L’utérus est composé de 3 couches : le périmètre, enveloppe extérieure, le myomètre, muscle utérin, et l’endomètre, composé de cellules, qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Cette paroi s’épaissit à la fin du cycle car les cellules endométriales se multiplient pour accueillir l’œuf fécondé par un spermatozoïde. S’il n’y a pas fécondation, le tissu utérin se détache, ce sont les règles.

Lorsqu’on est atteinte d’endométriose, les tissus de l’endomètre migrent à l’extérieur de l’utérus par les trompes pour se fixer sur d’autres parties du corps où ils n’ont clairement rien à faire. Ainsi, peuvent être touchés les trompes, les ovaires, mais aussi la vessie, les intestins ou les poumons.

Ces tissus détachés réagissent aux hormones provoquant les règles et se mettent à saigner tous les mois. Ces saignements ne pouvant être évacués, ils créent une inflammation locale et irritent les organes contaminés.

Tout est clairement expliqué par Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymès dans cet extrait d’Allo Docteur.

Quelles sont les conséquences ?

Adhérences

Les tissus cicatriciels vont finir par souder les organes entre eux

Adhérences entre les organes du bas ventre

Le mal ne s’arrête pas là, car in fine, il arrive même que ces tissus cicatriciels soudent les organes entre eux. Ces développements, nommés adhérences sont très douloureux car ils fixent les organes, les empêchant de glisser les uns sur les autres et donc d’accompagner les mouvements du corps. Les adhérences peuvent se solutionner grâce à l’ostéopathie.

Kystes ovariens 

Les tissus détachés génèrent donc des saignements ne pouvant être éliminés. Ils entraînent des lésions et stagnent, formant parfois des poches de sangdans les ovaires. Ce sont alors des kystes, que l’on appelle endométriomes.  Isolés ou en groupes, ils peuvent faire quelques millimètres ou atteindre 15 cm lorsqu’ils ne sont pas pris en charge à temps.

Risque de cancer de l’ovaire accru

Selon une étude suédoise*, que le risque de cancer de l’ovaire serait plus élevé chez les femmes atteintes d’endométriose, notamment si les ovaires sont touchés. Celui-ci touche une femme sur 1000 d’après l’association EndoFrance.

*Source : Human Reproduction 2006, Vol 21, No 5 : p. 1237-1242

Stérilité

Le risque de stérilité est fortement lié à l’endométriose. Les lésions peuvent, selon leur emplacement, gêner la nidification de l’œuf ou même empêcher la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde, ainsi, 30% des femmes touchées connaîtront en effet des problèmes de stérilité. Une endométriose non prise en charge correctement altérera la réserve ovarienne de la femme.

 

Comment attrape-t-on l’endométriose ? D’où vient-elle ?

L’endométriose ne s’attrape pas. C’est une maladie hormono-dépendante (c’est-à-dire que sa croissance est stimulée par une hormone) qui dépend du système ovarien. Ainsi, sont concernées essentiellement les femmes réglées. Cela dit, des exceptions existent après la ménopause sans que l’on sache pourquoi.

En revanche, les causes sont encore méconnues et si les chercheurs et médecins tâtonnent toujours, des pistes sont tout de même privilégiées :

  • Menstruation rétrograde : Chez certaines femmes, le flux des règles ne s’écoule pas à 100% par le vagin et une partie remonte vers les trompes. Cependant, toutes les femmes ayant ce dysfonctionnement ne sont pas nécessairement atteintes d’endométriose. Il y a donc des facteurs individuels à prendre en compte.
  • Patrimoine génétique : les prédispositions familiales peuvent être facteurs de risques. Si la maman souffre de douleurs handicapantes, il faudra surveiller de près la ou les filles.
  • Déficience immunitaire : Les femmes atteintes auraient une déficience les empêchant de résorber les lésions, mais on ne sait pas si c’est à l’inverse, l’endométriose qui affecte les défenses…
  • Perturbateurs endocriniens (molécules qui agissent sur l’équilibre hormonal) comme le bisphénol A, les
    phtalates, les pesticides, les dioxines. Les chercheurs s’interrogent sur leur rôle et une étude de 2016 attesteDes pesticides et autres polluants ont été retrouvés dans les protections hygiéniques jetables qu’il y a bien un lien entre ces composants et les problèmes liés au système reproducteur de la femme.
    A noter que des polluants, herbicides et pesticides ont été retrouvés dans les protections hygiéniques jetables, que ce soient les tampons ou les serviettes, même bio, suite à une étude lancée par 60 millions de consommateurs en 2016.

 

Comment savoir si je suis atteinte ?

La première chose est d’être à l’écoute des symptômes. Il faut aussi savoir que l’endométriose peut toucher dès les premières règles, donc les adolescentes.

L’alerte est souvent donnée par une douleur insupportable au moment des menstruations. Mais il existe d’autres manifestations : difficulté pour uriner, fatigue chronique, douleurs pendant les rapports sexuels. Il est important de noter que certaines femmes ressentent les symptômes de manière plus légère ou n’en ressentent pas du tout, ce qui n’exclut pas la présence de la maladie.

On pense à tort que les règles douloureuses sont normales. Ainsi, le temps moyen observé du début des symptômes au diagnostic médical est de 6 à 7 ans. Il faut garder en tête que la souffrance n’est pas normale, donc si vous avez des douleurs handicapantes, qui interfèrent avec votre quotidien, vous empêchant par exemple d’aller travailler et ce, durant plus de 2 jours, vous devez consulter.

 

Les traitements

La laparoscopie est une opération chirurgicale permettant de supprimer les adhérences chez la femme souffrant d'endométriose

Vue d’une laparoscopie

Aucun satisfaisant à ce jour… Il s’agit surtout d’améliorer le quotidien de la femme en diminuant les symptômes. Le premier traitement est d’abord médicamenteux, puis la chirurgie intervient si cela ne suffit pas.

  • Ainsi, la pilule contraceptive constitue un recours quand elle est prise en continu. En bloquant la production d’hormones, les symptômes peuvent être gommés. Les règles sont stoppées, mais l’endométriose poursuit son chemin, de manière plus lente.
  • D’autres substances hormonales sont utilisées, pour causer une ménopause artificielle. Les effets ne sont toutefois pas satisfaisants, car ils ne règlent pas ni le problème de l’infertilité, ni la maladie, l’endométriose présentant un risque de récidive élevé.
  • La cœlioscopie (ou laparoscopie) constitue une intervention courante chez les patientes atteintes d’endométriose. L’instrument que l’on insére via de petites insertions dans l’abdomen permet d’observer les organes. L’intervention permet de retirer les lésions et adhérences , donc de soulager les douleurs. Ceci dit, ce n’est pas un traitement à long terme, car les lésions ont tendance à revenir.
  • Un recours radical est l’hystérectomie totale, qui consiste à retirer l’utérus et les ovaires. Envisagée uniquement si les traitements n’ont pas fonctionné et que la patiente d’un certain âge ne souhaite pas avoir d’enfant.
    Attention, cette opération n’est pas sans conséquences et il convient de bien étudier la balance bénéfice / risque pour prendre cette décision.
  • huile-d-onagreIl est possible d’agir avec des éléments de médecine naturelle pour soulager les symptômes, en prenant par exemple de l’huile d’onagre (acide gras essentiel), qui permet de soulager les douleurs. De la chaleur sur les zones douloureuses avec un bain chaud et/ou une bouillotte. Et un soutien moral de l’entourage est également primordial dans la gestion de cette maladie.

En prévention, il peut être utile de consommer des oméga 3, qui diminueraient le risque de 22%, quand la consommation de graisses trans l’augmenterait de 48% ! Source : Bringham and women’s Hospital via Creapharma.ch

Plus d’infos sur les règles douloureuses Que faire pour soulager les règles douloureuses ?

 

Les ambassadrices et célébrités atteintes

En France, Laetita Milot et Imany sont les ambassadrices des associations Endofrance et Endomind. Quant à Enora Malagré, elle a récemment dévoilé être atteinte de l’endométriose, comme l’est sa maman.

Laetita Milot, atteinte d'endométriose est l'ambassadrice d'Endofrance La chanteuse Imany, atteinte dendométriose est lambassadrice dEndomind 

 

Et tant d’autres : Halsey, Whoopy Goldberg, Susan Sarandon, Hillary Clinton…

 

Le mot des plimettes

Les femmes atteintes d’endométriose sont nombreuses et vivent un vrai calvaire au travers d’une grande souffrance physique. Lorsque la maladie n’est pas connue, ni reconnue, leur entourage a tendance à penser qu’elles exagèrent, que c’est dans leur tête. Ce qui ajoute un mal-être à cet état physique bien réel.

Elle concerne un des plus grands tabous de l’histoire : les règles. Les règles douloureuses sont considérées comme étant normales. Elles ne concernent que les femmes. Ces faits participent au fait que la maladie soit méconnue.

C’est pourquoi il est primordial de faire passer le mot.

Merci à Yasmine Candau, présidente d’EndoFrance et à Nathalie Clary, présidente d’Endomind, d’avoir relu et validé cet article. 

Laissez un commentaire

Sign in