Premières règles, comment en parler avec sa fille ?

Posté le : oct. 31, 2017

Catégories : Cycle Menstruel , Astuces

L’arrivée des premières règles constitue un véritable chamboulement dans la vie d’une jeune fille, et la façon dont elle les reçoit oriente en grande partie le rapport qu’elle aura avec son propre corps.

Chez PliM, nous sommes convaincues que l’évolution des mentalités autour du tabou des règles passe par l’éducation.

Alors, lorsqu’on est parent, comment aborder le sujet des menstruations avec ses enfants sans pour autant les traumatiser à vie ?

Une maman vient de découvrir que sa fille avait fait semblant d avoir ses règles et lui organise une fête spéciale pour lui faire la morale.

Extrait de la vidéo “First Moon party” – Crédit : HelloFlo

 

A quel moment le faire ? Pourquoi est-ce si important ?
Comment parler des protections hygiéniques avec mon enfant ?

 

Couverture du livre Les règles... quelle aventure ! idéal pour les premières règles

Sortie du nouveau livre d’Elise Thiébaut le 2 novembre 2017

 

On s’est posé toutes ces questions avec Elise Thiébaut, brillante auteure de Ceci est mon sang.

 

Son nouveau livre “Les règles… quelle aventure !”, réalisé en collaboration avec l’illustratrice Mirion Malle, est dédié aux adolescent(e)s, pour qui elles explorent le riche sujet des “lunes” tout en dédramatisant ce rendez-vous menstruel !

 

 

 

 

Pourquoi parler des règles à sa fille ? 

 

Elise Thiébaut : “Une femme aura en moyenne 546 cycles menstruels au cours de sa vie. Autant bien les accueillir !”

Une grande partie de la vie d’une femme est en effet rythmée par son cycle hormonal. Mieux on est équipée pour le comprendre, plus on sera à même de vivre avec le mieux possible !

En parlant (ou ne parlant pas) à ses enfants, on lègue un héritage, une communication et/ou des non-dits autour des règles.

L’objectif d’une discussion sur le sujet est de préparer la jeune fille, pour éviter la peur, la panique ou même le dégoût au moment d’avoir ses règles.

Ces dernières sont souvent vues comme sales et honteuses dans nos sociétés. Si le comportement de l’adulte référent conforte cette idée d’une manière ou d’une autre, il est fort probable que la fille se retrouvera bien embêtée avec ce “saccage” entre ses jambes.

Mais le fait de l’accueillir de manière bienveillante, en parlant de la richesse du cycle, du fait que le sang n’est pas sale, etc… va conditionner l’adolescent(e) d’une manière tout à fait différente.

Elise T : “Pour ma part, il m’a manqué un discours bienveillant, chaleureux sur les règles. J’aurais aimé comprendre mieux ce qui m’arrivait. J’ai le sentiment qu’au mieux, c’est un combat et au pire, ça n’existe pas. Alors que c’est un moment qui peut se célébrer. Ça devrait faire l’objet d’une transmission, d’une préparation à l’image de certains rites de passages religieux comme les communions ou les bar-mitzvah.”

Une maman et sa fille main dans la main sur un chemin

Accompagner sa fille pour qu’elle accepte et vive sa féminité

 

Comment parler des règles à sa fille ?

 

Elise T : “Je ne pense pas qu’il y ait une meilleure façon, chaque femme va trouver son discours. Et si on n’en fait pas un tabou, c’est compris de cette manière par les enfants.”

Il existe généralement deux cas de figure : votre enfant vous en parle d’elle-même ou bien préfère le silence. 

La question peut arriver très tôt !

Elise T : “Ma mère m’a expliqué dès 9-10 ans ce qu’étaient les règles suite à une découverte de mon petit frère… Il avait trouvé des tampons dans l’armoire et jouait aux petits soldats avec ! Elle a utilisé des mots simplesen expliquant que les femmes saignaient tous les mois parce qu’elles pouvaient avoir des enfants et que le tampon permettait de retenir ce sang. Ce à quoi mon petit frère a répondu : “Ah d’accord donc si une femme saigne dans la rue, c’est pas qu’elle est blessée, c’est qu’elle peut avoir des bébés !”. J’ai trouvé que cette anecdote avait une force symbolique énorme ! Mon petit frère qui m’amène à comprendre les règles de cette façon, que les tampons abattent les petits soldats alors que le sang menstruel est le seul sang qui coule pacifiquement était assez incroyable !”

Ne soyez donc pas prise de cours si la question arrive tôt ! Dès 3-4 ans, les enfants en pleine découverte du monde peuvent demander “c’est quoi ça ???” en montrant clairement vos protections hygiéniques ou la tâche de sang qui vient de marquer le canapé ! Le moment peut être déconcertant, mais il suffit finalement d’en parler avec des mots simples.

 

Parfois l’enfant n’ose pas aborder le sujet…

 

Elise T : “Si l’enfant ne pose pas de questions c’est sûrement parce qu’il sent que ça gêne les parents. Il faut essayer d’être le moins compliqué possible, mais chacun fait ce qu’il peut avec son ressenti et son éducation. Beaucoup ne savent pas elles-mêmes ce qu’elles ressentent vis-à-vis de leur corps. Je dirais qu’il est important de ne pas imposer des choseset des représentations qu’elle ou il n’a pas.”

Conseil PliM : Si le sujet vous embarrasse pour diverses raisons, pourquoi ne pas s’appuyer sur du purement factuel et anatomique ? A l’aide d’un livre, montrez simplement comment est constitué l’anatomie de la femme, l’utérus, où doit se nicher le fœtus, le vagin, les trompes… Utiliser des mots techniques et médicaux peut aider à surmonter une certaine pudeur.

Et si jamais le sujet vous dépasseplutôt que de faire l’impasse dessus, n’hésitez pas à orienter votre fille vers une autre personne proche ou professionnelle (gynéco, amie de famille, tante…).

Une maman qui chuchote à l oreille de sa fille

Dans tous les cas, il est important de respecter la jeune fille

 

Elise T : “J’ai proposé une célébration, comme un anniversaire, à ma fille lors de ses premières règles, la réponse était claire “Même pas en rêve !”. Alors que si les règles n’étaient pas stigmatisées, ça ne lui aurait pas posé de problème. Jamais elle n’aurait refusé de fêter son anniversaire par exemple ! Je pense que ça peut tout à fait être une occasion de célébration, de discussion, de partage, mais on doit avant tout respecter la volonté de la jeune fille pour un sujet si intime. On peut ne pas avoir envie de partager ce moment. On est plus à l’aise plus tard qu’à 13 ans…” 

 

A quel âge parler des règles à sa fille ?

 

Il n’y a pas d’âge idéal auquel parler des premières règles, en revanche, il est préférable d’aborder le sujet avant les premières menstruations. On peut dire que si la jeune fille a autour de 10 ans, il est peut-être temps de provoquer la conversation.

Elise T : Des amis ont déjà expliqué ce que c’était à leurs enfants de 3-4 ansqui leur ont posé la question. De mon côté, j’ai eu la chance que mon frère joue avec les tampons, ça a été le moment idéal pour que notre mère nous explique, mais pas tout le monde sera dans ce cas ! Je dirais plutôt quand l’enfant demande. Notamment quand on aborde le sujet de la sexualité, ça peut être le moment. Quoi qu’il en soit, c’est important de pouvoir en parler librement.

 

Et qu’en est-il des garçons ? Faut-il leur en parler ?

Elise T : Bien sur ! Si on en parle qu’aux filles, ça va rester un tabou ! C’est tellement important dans la vie des femmes, on ne peut pas exclure le sujet. Il faut en parler avec eux aussi. Beaucoup sont terrorisés parce qu’on ne leur en a jamais parlé. Leur première vision de la mère qui saigne est associée à la terreur : “elle va mourir !”. Il est important qu’ils sachent que ça arrive, notamment pour être plus à l’aise avec l’intimité des femmes, éviter les stigmatisations. “

Ils ne sont donc pas concernés directement, certes. Mais ils y seront bien confrontés à un moment ou à un autre et leur faire comprendre ce que c’est est primordial car ils seront amenés un jour à faire face au corps d’une femme et à ses menstruations.

La vision et leur rapport aux règles sera décisive et jouera un véritable rôle dans leur relation avec une future partenaire et dans leur rapport avec les femmes tout simplement.

 

Comment préparer au mieux sa fille pour ses premières règles ?

 

Elise T : One devient pas une femme parce qu’on a ses règles. On est toujours une enfant à 12 ans ! Mais symboliquement, je trouve que le rite de passage est important. On a aboli un certain nombre de rites humains et le fait de ne pas avoir de rituel collectif pour célébrer le passage d’un état à l’autre, c’est dommage. Les premières règles pourraient être l’objet d’un partage de connaissances, sur ce qu’est l’humanité, la reproduction, la santé, la douleur, la grossesse, l’accouchement, s’occuper d’un enfant, vouloir en avoir ou pas, réfléchir sur le fait de porter la vie… En tant que femme et être humain on aurait intérêt à se réapproprier ça. Ça serait enrichissant, non ?

Il est impossible de prévoir l’arrivée de ses premières règles, mais savoir qu’il n’y a rien de grave quand on les a, c’est déjà beaucoup !

Pour être parée à cette éventualité, vous pouvez anticiper et donner d’ores et déjà une protection hygiénique à votre fille. Montrez-lui comment ça se met, comment ça fonctionne et rassurez-la.

Expliquez-lui aussi qu’elle ne doit en aucun cas être embarrassée quand ça lui arrivera. Que toutes les femmes sont passées par cette étape et qu’elle ne doit pas hésiter à demander de l’aide à une bonne copine ou à l’infirmière de son école / collège.

Chez PliM, nous proposons des solutions saines et fiables qui séduisent les jeunes filles grâce aux jolis motifs et au tissu qui ne fait pas de bruit contrairement aux emballages plastique !

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L’univers PliM pour les adolescentes :

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Un joli roman pour comprendre le cycle menstruel : Stella et le cercle des femmes – Rituel de passage d’une adolescente 

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