Savoir écouter son cycle menstruel

Posté le : déc. 1, 2017

Catégories : Cycle Menstruel

Il revient inlassablement comme un refrain entêtant pendant 42 ans en moyenne. Un partenaire de longue date que l’on veut souvent faire taire, à tort. Mais alors, c’est quoi le cycle menstruel ?

Pom pom. Pom pom. Pom pom. On connait bien le rythme des battements du cœur.

Patrick Swayze qui sent les battements de son coeur

“Cocoum-cocoum” – Merci Patrick.

Le cycle menstruel a lui aussi son rythme et il est important de l’écouter pour vivre en totale harmonie avec son corps.

Le cycle menstruel comme une danse, une partition de musique

Rythmé, entraîné par les hormones, il emporte dans sa cadence ovaires, utérus, et bien plus !

Vous êtes prêtes ? Dansons maintenant !

Jeune femme aux yeux cachés qui écoute sa musique dans un casque

Être à l’écoute de son cycle

 

Les mots « cycle menstruel » amènent une idée de régularité. Quelque chose de périodique, qui revient, se répète, tous les mois (du latin « mensis », signifiant « mensuel »).

On ne parle finalement souvent que des règles. Écoulement vaginal composé de sang et d’endomètre, partie de la muqueuse utérine, qui se détache, si la fécondation n’a pas lieu.
Les menstruations sont effectivement la partie la plus visible du cycle. Elles marquent, le début et la fin de chaque cycle menstruel, mais aussi l’état initial et l’état final du grand cycle des cycles menstruels : la ménarche, premières règles désignant le début des cycles dans la vie d’une femme et la ménopause, qui, petit à petit, apporte la fin de ces cycles.

Les règles semblent donc réguler les cycles menstruels. Mais elles n’en sont pas les uniques composantes !

Elles sont une phase, une étape, un petit morceau de partition !

On reprend.

Femme allongée en extase, bien-être

Le pic ovulatoire en image !

Chaque cycle menstruel se joue de manière bien différente chez chaque femme, mais la partition reste la même. Le cycle débute avec les règles, donc l’évacuation de l’endomètre, il est ensuite rythmé par la phase folliculaire accompagnant la maturation de l’ovule. De là, l’orchestre s’emballe entraînant avec lui, à son summum, le pic ovulatoire. Vient alors la phase lutéale permettant la possible nidification de l’ovule fécondé. S’il n’y a pas fécondation alors les menstruations arrivent et un nouveau concert est libre de se jouer, à nouveau, semblable mais différent, pouvant emprunter bien des variations.

Si cette comédie musicale à une durée moyenne de 28 jours, elle varie toutefois selon les femmes et les périodes de la vie. La phase folliculaire est très modulable, pouvant aller de 6 jours après le début des règles à plusieurs semaines. La phase lutéale est moins variable et dure 14-15 jours en moyenne, avant l’arrivée des nouvelles menstrues.

Pour ce qui est du cahier de musique dans son entièreté, soit la totalité des cycles menstruels, aucun n’est semblable, ni prévisible : certaines ménarches peuvent arriver à 9 ans (12 et 16 ans en moyenne) et certaines ménopauses débuter à partir de 40 ans (45 à 55 ans en moyenne).

Sacré concerto ! Mais que se passe-t-il physiologiquement durant le cycle menstruel ? Quels en sont les instruments, les musiciens, les danseurs ? Quelle est cette danse mystérieuse qui invite tout notre corps à entrer dans son rythme ?

Le cycle hormonal, la grande symphonie

Venez, on vous invite à un concert. Imaginez une partition, un chef d’orchestre, un orchestre, composé de divers instruments, accompagnés de leurs musiciens. Et un public, à la fois homogène et hétéroclite. C’est même un concert interactif où le chef d’orchestre fait jouer les musiciens en fonction des réactions du public !

Cool, non ?

 

Le cycle comme une partition

Transposons : Le chef d’orchestre, sa main, la baguette = Le cerveau, l’hypothalamus et l’hypophyse. Ils envoient des signaux aux musiciens.
Pour transmettre les bons signaux -ceux attendus pour faire jouer la partition choisie- le cerveau, notre chef d’orchestre, va prendre en compte toutes les informations environnantes lui arrivant par le biais de neuromédiateurs. Timing, stress, éclairage, chaleur, arrivée du public = Ovulation, température,
menstruation, fécondation, émotion forte…

 

Les neuromédiateurs sont des informateurs. Ils permettent au chef d’orchestre d’envoyer à son tour des signaux aux musiciens par l’animation de sa main, qui entraîne la baguette. Comprenez, l’hypothalamus, qui par sa production de neurohormone LHRH (appelé aussi lulibérine ou gonadolibérine), vient stimuler l’hypophyse.

Les sons produits vont arriver et stimuler le public, qui répondra probablement par un petit déhanché endiablé ! Les sons sont les hormones : La folliculinostimulante, plus connue sous le nom de FSH, va stimuler les ovaires tout le long du cycle, et l’hormone lutéostimulante (LH), sécrétée en abondance, permettra de déclencher l’ovulation.
Ainsi nos ovaires, vont être stimulés comme nos oreilles par la musique.
Quand le public répond aux sons par un mouvement, une danse, le chef d’orchestre peut ajuster sa prochaine partition.

Les ovaires aussi sécrètent à leur tour des signaux, encore des hormones : œstrogènes et progestérones. Prises en compte par le chef d’orchestre, le cerveau. Ovulation, fécondation, menstruation ? Les neurotransmetteurs
s’activent, la réponse du corps s’adapte, et voilà un nouveau concert, de nouveaux sons, une nouvelle danse.
La boucle est bouclée et par sa fin en invite une nouvelle à commencer, recommencer.

Le cycle ovarien et le cycle utérin

Si le cycle hormonal est un des acteurs du bal, d’autres cycles s’y imbriquent. Interdépendants, indispensables au tout : le cycle ovarien et le cycle utérin.
Le premier jour des règles marque d’une trace rouge le début d’un nouveau cycle menstruel. Il y a donc eu ovulation 14 à 15 jours avant, sans fécondation.

L’hypothalamus sécrète le neuromédiateur LHRH. Celui-ci stimule la production des neurohormones LH et FSH par l’hypophyse.
FSH entraîne une réaction ovarienne et la production d’hormones œstrogéniques. Ce qui permet le début de la croissance folliculaire au sein des ovaires.

Plusieurs follicules -ovules non matures- se préparent. Pic de LH. Aspiration d’un ovule -gamète femelle- par une trompe de Fallope (ce qui laissera une cicatrice sur l’ovaire). Le follicule se perce, reste dans l’ovaire, et l’ovule mature commence son voyage dans la trompe.
En post ovulation, l’enveloppe folliculaire va se transformer en « corps jaune ». Une substance permettant la sécrétion d’hormones progestatives par les ovaires.

Schéma du cycle menstruel – Source : echographie-toulouse-centre.fr

Si la fécondation de l’ovule n’a pas lieu, le corps jaune dégénère, ce qui provoque une chute de la production de progestérone. Le maintien de la muqueuse utérine n’est plus assuré. Ce cocon qui était prêt à accueillir la nidification de l’ovule fécondé, l’endomètre, se désagrège et s’écoule.

Et voici les règles. Avec l’arrivée des saignements, la musique redémarre. Nouveau signal, nouvelle sécrétion de FSH. Un nouveau cycle est lancé, la production d’œstrogènes redémarre, épaississant la muqueuse utérine, favorisant le développement des cellules, des glandes et des vaisseaux de l’endomètre. Et ainsi va le cycle. Continue la danse.

Pourquoi écouter son cycle menstruel ?

Le cycle menstruel est un rouage complexe et multifactoriel. Une partition de musique aux mille variations où on ne sait jamais ce qui sera joué la fois suivante.

Source de tous les désirs, puissance capable de donner la vie, fondement de l’humanité. Rien que ça ! C’est l’énergie première qui fait tourner le monde depuis la nuit des temps, mais qu’on délaisse et qu’on oublie. Lorsque les règles sont cachées, absorbées par des tampons et jetées à la poubelle comme un déchet toxique, c’est aussi de nous qu’on s’éloigne.

Apprendre à connaître et reconnaître son cycle, c’est s’accepter pleinement en tant que femme et vivre en totale harmonie avec soi-même.

D’où l’importance d’une fluidité de communication, d’une bonne circulation dans le bal, dans le corps. Car chaque nouveau grain de sable -changement de vie, de contraception, de sexualité, d’alimentation, stress, fatigue, surcharge mentale, etc- peut en modifier l’ordre, le fonctionnement et venir influencer le prochain morceau sur lequel nous danserons. Le cycle à venir.


Pour aller plus loin, découvrez l’agenda lunaire et notre sélection de livres pour comprendre et vivre son cycle “La femme optimale” de Miranda Gray et “Les trésors du cycle de la femme” de Maïtie Trélaün

 

Par Maëlle

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