Vivre avec le Syndrome des Ovaires Polykystiques

Aujourd’hui, le nombre de femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est estimé à plus d’une sur dix. Cette pathologie, occasionnée par un déséquilibre hormonal, perturbe le cycle menstruel et donne lieu à des implications cliniques importantes sur le quotidien des femmes qui en sont touchées : acné, hirsutisme, trouble de la fertilité, douleurs, et bien d’autres.
Sophie, 27 ans, atteinte de SOPK, a accepté de livrer son témoignage à PliM.

Les premières règles

Les miennes sont apparues à 12 ans, alors que j’étais très peu informée. Les menstruations sont un tabou parmi tant d’autres dans ma famille, et je n’avais été avertie que cela m’arriverait que par des sources lointaines. J’étais donc encore moins préparée aux terribles douleurs que j’ai ressenties dès mon premier cycle, au point de devoir parfois rester allongée dans mon lit en position fœtale, et ce pendant les quatre premiers jours de mes règles ou parfois même un peu avant leur survenue.

Désemparée, j’en ai tout de même parlé à ma mère, et me suis entendu répondre que c’était parfaitement normal, car elle-même souffrait de la même façon depuis son adolescence, et qu’il n’y avait rien à faire. Pendant des années, j’ai donc continué à souffrir sans consulter aucun thérapeute, ni même le mentionner à notre médecin de famille, puisque cela semblait être une fatalité.

La prise de conscience

Ce n’est qu’à 20 ans, toute jeune mariée, et grâce au soutien de mon épouse, que j’ai enfin consulté un gynécologue en décrivant mes douleurs et leur intensité, et il m’a alors répondu que c’était très fréquent et normal, que ce n’était pas un symptôme et ne signifiait pas que quelque chose n’allait pas. J’ai alors tenté de mentionner les affiches sur l’endométriose que j’avais pu voir quelques mois auparavant dans la salle d’attente de mon médecin traitant, indiquant qu’en cas de doute il ne fallait pas hésiter à en parler à son praticien, mais il s’est alors énervé en me disant que j’avais très certainement dû aller sur Internet et me monter la tête, et que j’allais parfaitement bien, sans prévoir le moindre examen.

Pourtant, j’avais compris depuis quelques temps que quelque chose n’allait pas. Je parlais très peu de ce sujet, mais les rares fois ou cela arrivait, mes amies se montraient compatissantes et étonnées de l’intensité des douleurs que je décrivais. De plus, j’avais eu au cours de ma vie de nombreux rapports hétérosexuels sans contraception, sans jamais la moindre grossesse. A l’heure d’enfin fonder une famille, cela commençait à m’inquiéter de plus en plus.

Au cours de ma vie d’adulte, les douleurs étaient parfois si handicapantes que je me trouvais dans l’impossibilité d’aller travailler. Je détestais être en arrêt de travail, mais j’étais profondément incapable de bouger. Dans ces moments-là, mon médecin se contentait de me prescrire un anti-douleur et de signer le papier pour mon employeur, sans jamais me poser de questions complémentaires ni m’orienter vers un spécialiste.

Le diagnostique

Mais enfin, il y a quelques mois, j’ai fait la connaissance d’une sage-femme qui m’a expliqué que non, mes douleurs n’étaient pas normales, et m’a tout de suite prescrit une échographie. Le diagnostique de SOPK a été immédiat, et elle a pu tout de suite me fournir une pilule contraceptive grâce à laquelle je n’ai plus mes règles, et qui a donc entièrement fait disparaître mes douleurs. J’ai eu l’impression de revivre, et pourtant il n’avait fallu que quelques semaines à ma sage-femme pour m’apporter cette aide que j’avais attendue depuis le début de mon adolescence !

Aujourd’hui, avec l’aide de ma sage-femme, je continue les examens médicaux plus poussés pour nous assurer que le syndrome n’est pas associé à une endométriose, et parce que je veux pouvoir porter un enfant et qu’il n’est plus question de négliger ma santé sous prétexte que les femmes doivent souffrir en silence.

Toute ma vie, je me suis heurtée à la banalisation des douleurs menstruelles, au point d’en venir parfois à détester être une femme. Il est temps que le tabou sur la souffrance puisse être levé, et j’espère que les nouvelles générations n’auront plus à attendre avant de se voir proposer les examens qui peuvent changer leur quotidien.

Vous aussi, partagez votre expérience en commentaires si vous le souhaitez ! 

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