Endométriose : ne pas banaliser les douleurs

Posté le : nov. 5, 2019

Catégories : Sante , Cycle Menstruel

Tags : endometriose , cycle menstruel , regles , douleurs

On estime qu’environ une femme sur dix est touchée par l’endométriose. Pourtant, cette maladie gynécologique chronique reste encore assez méconnue. Or une détection précoce permet de mieux la prendre en charge. Mais de quoi s’agit-il exactement ? Quels en sont les signes ? Et comment la traiter ?

Pour mieux comprendre ce qu’est l’endométriose, intéressons-nous d’abord à l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de la cavité utérine. Au cours du cycle menstruel, l’endomètre s’épaissit sous l’effet d’hormones produites par les ovaires (dont les œstrogènes) en vue d’une potentielle grossesse. En l’absence de fécondation, l’endomètre se désagrège et se détache de la cavité utérine avant d’être éliminé de l’organisme : ce sont les règles.

Chez certaines femmes, en raison probablement de particularités anatomiques, de prédispositions génétiques et/ou de l’influence de facteurs environnementaux, ce phénomène est contrarié. Des fragments d’endomètre refluent via les trompes de Fallope vers la cavité abdominale et viennent se greffer à des organes situés en dehors de l’utérus, préférentiellement dans le petit bassin, sur les organes génitaux (notamment les ovaires), la vessie ou les intestins, et sur le péritoine (membrane qui tapisse l’abdomen).

À l’instar de l’endomètre utérin, ces petits implants sont sensibles aux œstrogènes. À chaque cycle menstruel, les lésions se développent et saignent, renforçant le processus d’inflammation chronique.

Les symptômes de l’endométriose : douleur et troubles de la fertilité

L’endométriose peut ne pas entraîner de symptômes. Mais chez la majorité des femmes atteintes, la maladie se manifeste par des douleurs liées aux cycles menstruels, avec un pic d’intensité au moment des règles. Si les règles peuvent parfois s’accompagner de symptômes douloureux, les douleurs provoquées par les lésions d’endométriose sont particulières à plusieurs égards :

- elles s’installent progressivement et ont tendance à devenir de plus en plus intenses au fil des années, au point de perturber les activités de la vie quotidienne ;

- elles résistent aux antalgiques de type paracétamol et aux anti-inflammatoires ;

- avec le temps, ces douleurs peuvent être associées à d’autres symptômes douloureux : maux de ventre chroniques ; douleurs lors des rapports sexuels, en allant à la selle ou en urinant, en fonction de la localisation des lésions.

En outre, environ la moitié des femmes qui souffrent d’endométriose (qu’elles présentent ou non des symptômes douloureux) peuvent éprouver des difficultés à concevoir un enfant.

Douleurs intenses et troubles de la fertilité constituent donc des signes d’alerte à ne pas négliger ! Il existe heureusement des traitements qui permettent de soulager les symptômes liés à l’endométriose et, dans certains cas, de freiner l’évolution de la maladie. Bon à savoir : plus la maladie sera prise en charge précocement, plus ces traitements seront efficaces.

Endométriose : quels traitements ?

Le traitement hormonal de l’endométriose vise à bloquer l’ovulation. Il s’agit le plus souvent d’un contraceptif (pilule, stérilet hormonal...).

Quand le traitement hormonal perd de son efficacité avec le temps, qu’il est mal toléré ou qu’il devient incompatible avec un projet de grossesse, l’ablation chirurgicale des lésions d’endométriose peut être proposée à la patiente. Des récidives sont alors parfois possibles.

Chez les femmes atteintes d’endométriose qui ont un désir de grossesse, mieux vaut ne pas laisser le problème évoluer trop longtemps et agir rapidement en cas de difficulté à concevoir. En pratique, un premier point médical est généralement proposé à la patiente après six mois de tentatives infructueuses. En cas d’entrave à la conception, le recours à des techniques d’assistance médicale à la procréation est généralement envisagé. Si des problèmes peuvent survenir lors de la conception, la majorité des grossesses se déroulent ensuite normalement et ne nécessitent pas de suivi particulier.

Merci au Dr Cécile Mézan de Malartic, Gynécologue-Obstétricienne au CHRU de Nancy