Tout, tout, tout,
vous saurez tout sur le bambou !

PliM fabrique ses produits essentiellement en coton biologique et chanvre.

Vous n’y verrez jamais de viscose de bambou.

Voici pourquoi.

Le bambou, un textile faussement écologique

Les impacts de la viscose de bambou


Le bambou, un textile faussement écologique

Le bambou, connu pour son côté sain et sa facilité  d’exploitation, a vite reçu l’étiquette “écolo-friendly”. Ont ainsi fleuri nombres de vêtements, sous-vêtements, protections hygiéniques lavables en bambou depuis quelques années. Mais si le bambou a des qualités, la fabrication de la viscose de bambou est loin d’être écologique.

Les plantations de bambou pour la viscose de bambou

Une fibre saine et écologique… à première vue

Le bambou pousse très rapidement, sa culture est facile, il n’a pas besoin d’engrais ni de pesticides, et à l’état pur cette plante a des vertus antibactériennes. Les terres cultivées permettent même de redynamiser des régions agricoles et de participer à l’économie de pays en voie de développement. Vu comme ça, le bambou a tout pour plaire aux défenseurs de l’environnement.

Alors d’où vient le problème ? Déjà, le bambou n’échappe pas à la déforestation [1]. Des hectares de plantations se retrouvent décimés pour une consommation massive. Mais le plus gros souci concerne sa transformation. Pour passer de tige verte rigide à fibre textile douce et moelleuse, de nombreux procédés et produits chimiques polluants sont nécessaires...

Un processus de fabrication des plus douteux

En premier lieu, il est nécessaire de rappeler qu'il existe 2 grandes catégories de fibres. Les fibres naturelles, telles que le coton ou le lin, sont directement extraites de la plante et peuvent être filées sans ajout de produits chimiques. 

Puis viennent les matières artificielles, provenant de sources naturelles mais transformées, comme c'est le cas de la fibre de bambou, et enfin les tissus synthétiques qui sont généralement des dérivés de pétrole. 

Ainsi, les produits textiles estampillés “bambou” sont en réalité des produits en “viscose de bambou”. Ce qui fait toute la différence !

La viscose est issue de la cellulose, substance organique constituant la membrane des végétaux. Cette cellulose est extraite et dissoute dans de la soude caustique.

L'objectif est d'obtenir un liquide que l’on filtre, avant qu'il ne soit transformé en fils à grands renforts de machines. Puis il sera ensuite passé dans un bain de solvant, à base d’acide sulfurique, pour se raffermir avant d’être blanchi et lavé.

C'est ainsi qu'est créée la viscose de bambou !

Processus de fabrication mis en place en 1884 par Hilaire de Chardonnet, un ingénieur de Besançon, il a été créé pour remplacer la soie.

En effet, peu chère, absorbante, légère et douce… Elle semble idéale pour la confection de sous-vêtements ou protections hygiéniques. Mais c’est l’inverse.

Sa fabrication implique de nombreux éléments chimiques et ces derniers, imprégnés dans le tissu, peuvent s’avérer nocifs pour la santé (notamment quand le tissu en question est porté à même la peau pendant plusieurs heures).

De nombreux produits chimiques et nocifs sont nécessaires pour la fabrication de la viscose de bambou

Les impacts de la viscose de bambou

La viscose de bambou est donc un tissu artificiel, fabriqué à partir de bambou naturel certes, mais dont le processus de production n'est pas du tout écologique. L’association Changing Markets Fondation a publié le rapport "Dirty Fashion" [2] pour dénoncer les usines de productions de viscose très polluantes dans l’industrie du textile !

Impacts sur la santé

Transformer du bambou en tissu tout doux requiert l'intervention de procédés industriels et l’utilisation de nombreux produits chimiques. Non seulement très polluants et dangereux pour les travailleurs de ces usines, les solvants et produits chimiques se révèlent également nocifs pour la santé des consommateurs. 

Tous les produits chimiques toxiques peuvent avoir un impact sur la peau et d'autant plus pour l'intimité : ces textiles véhiculent des perturbateurs endocriniens, des métaux lourds ou nano-matériaux qui empoisonnent notre santé et notre environnement [3].

Impacts sur l’environnement

Le procédé de création de la viscose de bambou est donc extrêmement polluant, par les rejets de produits chimiques d'une part, mais d'autre part à cause de la déforestation massive que cela engendre. 

Pour bien comprendre l’ampleur du phénomène, voici quelques chiffres :

70 millions : c’est le nombre d’arbres qui sont abattus chaque année pour réaliser environ 5 millions de tonnes de viscose. Pourquoi ? Pour répondre à la demande de l’industrie du textile. Cette déforestation a bien évidemment un impact dévastateur sur la faune locale.

400 à 11 000 litres d’eau : c’est la consommation nécessaire en eau pour fabriquer 1 kg de viscose. A titre de comparaison, il faut 300 à 600L d’eau pour 1kg d’acier, ou encore 1 à 2L pour 1kg de plastique.

De plus, la fabrication de la viscose a un impact négatif sur l’environnement en raison des rejets de produits chimiques et du traitement des déchets tels que la soude caustique et l’acide sulfurique.

Les eaux sont polluées à cause des déversements de produits chimiques pour la transformation du bambou

Enfin, la fabrication de la viscose a un impact social et sanitaire non négligeable. Les travailleurs qui fabriquent ces fibres œuvrent dans un environnement toxique au quotidien. Les produits toxiques utilisés nuisent à leur santé du fait du contact permanent de ces produits avec leur peau. Inhalés, intégrés par la peau, ces polluants intoxiquent indirectement ces salariés.

Pour en savoir plus sur les effets nocifs des composants des textiles, consultez notre guide "Des toxiques dans les textiles".


1- Deforestation in UNESCO Sichuan Giant Panda Sanctuaries

2- Changing markets Foundation - Dirty Fashion

3- LES VÊTEMENTS : QUAND LES TOXIQUES SE CACHENT - LA SYNTHÈSE DE L'ASEF